cqv !
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une
biographie de Bertrand Blier qui commence par un hommage, un
remerciement à Patrick Dewaere. Je pense que l'on ne
mets pas les 2 pieds à côté du plat !
olivier venault 270401. |
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Né
le 14 mars 39 à Paris
Bertrand
Blier commence sur les plateaux en passant sur les tournages
de papa.
1959 : assistant de John Barry sur Ox Mambo.
Ses professeurs : Lautner, De la Patellière, Delannoy
et Christian-Jacque. |
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On
est loin de la Nouvelle Vague en terme d'influences !!! A
23 ans, il réalise son premier film, un audacieux "Hitler,
Connais Pas", aboutissement de témoignages vécus
par une jeunesse française et leur vision de l'avenir.
Blier est déjà à part, avec un cinéma-vérité
et une emprise totale dans la réalité.
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La plume avant la caméra :
Mais cet homme à l'imaginaire surréaliste
sera avant tout un scénariste (3 césars).
Il osera même une adaptation de L'Ecume des jours (inadaptable
a priori), pour Michel Simon.
Son écriture singulière ne convainc pas les producteurs
!
il réalise un court en 66 intitulé Le
Grimace.
Son film d'espionnage "Si j'étais
un espion", qu'il réussi à tourner en 67,
ne sera qu'un regard sans concession sur le racisme, les polices,
loin du glamour de 007 ou du fun de Fantomas.
Il continue de se destiner au scénario ("Laisse aller, c'est
une valse", de Lautner), ne trouvant pas sa place dans le monde de
l'image. Sans doute est-il influencer par les répliques célèbres
prononcées par Blier acteur et père dans les films écrits
par Jacques Audiard.
Mais sa traversée du désert ne fera qu'amorcer la bombe...
la Nouvelle Vague retombe, le cinéma français mélange
divertissement et réalisme, société et fiction;
dans la veine des Tavernier, Téchiné, Miller,
Blier
va pouvoir accouché des Valseuses
et provoquer la France avec sa vision d'une jeunesse
peace and love; en phase avec son époque, entre les plaisanteries
douteuses du Splendid et l'amour amer d'un Truffaut.
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| C'était
d'abord un roman, issu d'une rage contre un système;
ça deviendra un film qui triomphera des traditionalistes. |
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Les
Valseuses : Phénomène
d'époque !
Les
Valseuses
c'est une quadruple révélation : celle d'une écriture
moderne, d'un regard contemporain, d'un trio d'acteurs éblouissants
et d'un langage qui poétise le moindre gros mot.
Avec un style souvent épuré, un peu froid, Blier met
en scène ses dialogues et met en valeur ses comédiens
: Depardieu,
Dewaere et Miou-Miou.
Une génération, et le film d'une génération
post soixante-huitarde, érigée en véritable
contre-culture et contre-choc à Pompidou et Giscard. Depardieu
explose la fougue, Dewaere transpose les nerfs à vif et Miou-Miou
se laisse jeter à la rivière.
On parle de cul, de frigidité, de libération sexuelle...
Depuis Depardieu est devenu le pilier des films de Blier.
Ils retrouveront Dewaere dans Préparez
vos mouchoirs et Miou-Miou dans Tenue
de Soirée. Dewaere
devait être l'amant/mari de ce "putain de film!" sélectionné
à cannes et "musiqué" par Gainsbourg.Son suicide a
endeuillé l'insouciance du quatuor...
Suite
à cet "attentat délibéré contre le public"
en 74, Blier, pas très adulé par la critique qui jugeait
le film grossier, vulgaire, honteux, inscrivit l'œuvre de Blier
dans une sorte de pamphlet sociétaire, anti-conformiste,
non conventionnel, choquant par plaisir.
Il usait du verbe comme d'autres utilisaient les flingues.
Son cinéma est d'ailleurs profondément misogyne (anti-féministe
si l'on nuance) et fait l'apologie de l'amitié masculine
sous toutes ses coutures, jusqu'à son paroxysme en 86 : deux
mecs qui couchent ensemble, et se prostituent au final, avec la
femme au milieu. Cette déclinaison triangulaire 2+1 (hommes
ou/et femmes) se vérifie dans la plupart de ses films : Les
Valseuses, Buffet froid, La femme de mon pote, Tenue de soirée,
Trop belle pour toi, Merci la vie...
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Contre-Courant
:
Si Blier loupe Gabin,
Simon, De Funès, Bourvil, que des forts en gueules et des monstres
sacrés du 7ème Art, il ne cessera d'écrire pour
les plus charismatiques et les plus sensibles : Serrault,
Delon,
Carmet, Huppert,
Coluche, Baye,
Blanc, Charlotte Gainsbourg, Bouquet,
Balasko,
Lanvin, Mastroianni...
et bien sûr son père.
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Buffet
Froid représente
à la fois le summum de son humour noir et macabre,
le début de son image abstraite et de ses scènes
absurdes, le délire des acteurs et le non-sens signifiant
de ses dialogues.
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En
explorant l'amour, la dépression, la tentation, les sentiments
ou la sexualité sous toutes ses formes, Blier joue les impressionnistes
voire les cubistes et manipule nos impressions avec des montages de
plus en plus architecturaux, de moins en moins linéaires, tout
en racontant des histoires, de déchéance et de rédemption.
Magnifique directeur d'acteur, il offrira à Delon son dernier
grand rôle (en alcoolo cocu), à Balasko son premier rôle
dramatique, et à Grinberg une trilogie adoratrice.
Il n'écrit que s'il désire.
Il n'écrit que pour voir jouer ces mythes vivants, ces légendes
clamer ses propres phrases.
Buffet Froid,
aujourd'hui culte et considéré comme l'un des meilleurs
Blier, œuvre phare mêlant une grande prouesse cinématographique
(qui ne se souvient pas de ce Serrault poignardé dans le métro,
dialoguant avec Depardieu?!), une noirceur de polar et un humour décalé,
ne fut pas du tout un succès public.
Cinéma masculin et sombre, Blier ne
renoua avec le public que lors de la sortie de Beau Père, d'après
un roman signé de sa plume.
Sa réputation est installée;
tous les acteurs rêvent de tourner avec lui; mais le public
boude La femme de mon pote (pourtant avec Coluche pré Tchao
Pantin et Lhermitte
post Père Noel) et Notre Histoire, pas drôle et trop
psychologiques. Blier prend tout le monde à rebrousse poil.
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Après
avoir surpris, Blier secoue. Les folles années 80 le
pousse à des extrêmes. Physique avec le
Tenue de Soirée cuir et fourrure, voile et
vapeur, sulfureux et successful. |
Miou-Miou
bouge son cul sur le pantalon de Depardieu et lui tâte le paquet.
Blanc se fait prendre par Depardieu. Depardieu
se déguise en pûte, etc....
Blier frappe fort, la France adore.
C'est le dernier film "dur" et viril pour Blier. 3 ans plus tard,
il écrit, compose, harmonise Trop
Belle pour toi. Depardieu se laisse séduire par
Balasko "la moche" et trompe sa femme, Bouquet "la sublime". Il rafle
la plupart des César, s'octroie une consécration méritée,
et fait adhérer un public à ses scripts non linéaires.
C'est aussi là qu'il change son inspiration,
passant des hommes aux femmes, du plaisir au désir.
Il rencontre Anouck Grinberg, qui deviendra
sa femme puis la mère de son enfant. Il
la filme en mariée HIV et poussée dans caddy par une
Charlotte Gainsbourg idéale. Les hommes
sont lâches et en second plan. Annie Girardot domine Jean Carmet.
Et la musique de Philip Glass accompagne aériennement l'arrivée
dans un village de Provence, la nuit. Blier fait un puzzle d'idées,
de musique, de personnages et raconte une histoire, celle de notre
siècle, et de ses traumatismes.
La trilogie se poursuivra en banlieue marseillaise
(pour la couleur, comme d'autres peintres) où Grinberg jouera
une gamine face à un Marcello plus chaleureux que jamais. Et
se clôturera dans un passage parisien, où Anouck, sur
une musique de Barry White, attendra patiemment le chaud lapin à
qui elle donnera beaucoup d'amour.
Ses films deviennent lumineux et contrastés,
amoureux et graves, féminins et sensibles, presque assagis...
Blier suit son époque; il est en phase. Il n'anticipe pas,
il observe. Il s'offre ainsi une œuvre riche sur le comportement humain,
et ses excès, sur le naturel imaginé et le réel
totalement mis en scène, déstructurant ses récits
pour mieux se faire l'écho des consciences.
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Clap de fin (provisoire)
Blier aura perdu son père depuis.
Ecrivant pour le théâtre (Noiret/Bouquet, encore deux
autres monstres sacrés) ce Prévert de notre fin de
siècle décide de se faire plaisir, de tourner dans
un Paris rêvé, avec les plus grands acteurs du cinéma
frenchy.
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Les
Acteurs, son dernier film en date, explore l'autre facette du
miroir, et finalement justifie ses 40 ans de travail et de création.
Il hésite encore. Mais il en reparle après avoir
abandonné l'idée. Il pourrait enchaîner
avec Les Actrices. |
Blier,
en offrant César et prix d'interprétation à
ses artistes, en devenant l'auteur de films aussi insolites qu'inscrits
dans notre patrimoine, est l'un des cinéastes les plus ambitieux
du 7ème Art européen, l'un de ceux possédant
un style marqué et remarqué, un véritable amoureux
du 7ème Art.
Incontournable et attendu, chacun de ses films offrent des moments
de rare bonheur. Jouissif et mémorable.
Il
est le pape de la provoc', du trait acerbe, de la réplique assassine.
Trente ans que Bertrand Blier sème la zizanie dans le paysage cinématographique
français !
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